Violence conjugale

La violence conjugale peut se manifester de différentes manières ; ainsi une victime peut subir une ou plusieurs des formes de violence mentionnées ci-dessous. Si vous reconnaissez vivre l’une ou l’autre de celles-ci, n’hésitez pas à nous contacter.

C'est quoi..

La violence conjugale peut se présenter sous plusieurs formes : violence psychologique, verbale, physique, sexuelle, économique, sociale et même spirituelle. Une personne peut être victime d’une seule ou de plusieurs formes de violence et ce, de façon concomitante ou non. De même, les formes de violence perpétrées par un.e partenaire peuvent évoluer dans le temps. La violence conjugale, peu importe sa forme, est utilisée dans le but de contrôler l’autre.

C'est quoi..

La violence conjugale existe sous plusieurs formes : violence psychologique, verbale, physique, sexuelle, économique ou même sociale. Chaque personne peut être victime d’une seule forme de violence ou de plusieurs de facon concomitante. De même, les formes de violence subies à l’endroit d’un partenaire peuvent évoluer dans le temps. Toutes ces formes de violence conjugale peuvent être utilisées pour contrôler la victime.

Les types de violence

La violence verbale se manifeste par des insultes, des cris, des blâmes, des critiques utilisés spécifiquement dans le but d’humilier, contrôler ou intimider une personne. La menace et le chantage sont également des manifestations de violence verbale

La violence verbale peut être difficile à identifier car elle est souvent prise à la légère et banalisée. Voici quelques indices pour reconnaître la violence verbale : 

Le sarcasme 

Le sarcasme se manifeste par des propos ironiques et méchants. C’est une forme d’humour faite dans le but de dégrader l’autre. Un exemple de sarcasme consiste à dire des éloges à votre égard tout en ayant l’intention d’exprimer l’opposé. 

Les insultes 

Les insultes sont utilisées dans le but de porter un jugement négatif sur quelqu’un. Elles servent à dénigrer le physique d’une personne, son intelligence, sa vie privée ou son entourage. 

Les propos dégradants ou humiliants 

Ce sont des propos tenus dans l’intention d’humilier ou de dégrader une personne. Ce type de propos revêt parfois une connotation sexuelle et porte atteinte à la dignité humaine. Les propos dégradants ou humiliants peuvent entraîner la détresse psychologique de ceux ou celles à qui ils sont adressés. 

Les hurlements ou les ordres 

C’est lorsqu’une personne hausse le ton tout en adoptant un ton agressif et menaçant. Ce sont des interjections pour vous contrôler et vous empêcher de vous exprimer, de prononcer votre opinion sur une situation ou une personne. Bien souvent les ordres sont exécutés par la victime parce qu’elle craint de subir de la violence physique. Cela contribue à créer un climat de peur et d’insécurité. 

La violence psychologique consiste à dénigrer une personne en portant atteinte à l’estime de soi et à ses valeurs, en la critiquant, en refusant toutes formes de communication avec elle, en l’ignorant, en la dénigrant ou en la menaçant. Elle est utilisée dans le but de maintenir le contrôle sur un individu. 

Les rapports entre la personne qui subit et celle qui manifeste la violence psychologique sont caractérisés par le manque de respect. Voici quelques indices pour détecter les signes de violence psychologique : 

  • Votre partenaire vous fait douter de vous-même 
  • Vous avez l’impression qu’on manipule vos émotions et votre perception (on vous joue dans la tête)
  • Votre partenaire vous isole de votre entourage
  • L’autre vous critique et vous rabaisse constamment 
  • Vous craignez fréquemment les réactions de votre partenaire
  • Etc. 

 

D’un autre côté, la violence psychologique est une forme très subtile de violence qui peut être difficile à identifier par la victime et ses proches. Les victimes ressentent souvent une forme d’injustice concernant la manière dont elles sont traitées. En étant conscient.es de certains indices, vous pourrez mieux identifier et détecter les comportements laissant paraître une quelconque forme de violence psychologique. En voici quelques exemples :

Critiques ou reproches constants 

Ils se manifestent par des jugements ou appréciations négatives à répétition à l’encontre de la victime, de son comportement, de son physique, etc. Ce sont des remarques désobligeantes faites en vue de porter préjudice à une personne, susciter la honte ou le regret. 

Chantage 

Il s’agit d’un moyen de pression psychologique pour exercer une forme de contrôle sur une personne. 

Fausses accusations

Ce sont des accusations sans preuve qui dissimulent les mauvaises intentions de l’accusateur. Elles peuvent être utilisées pour justifier un comportement agressif, trompeur et manipulateur. 

Menaces

Ce sont des paroles pour exprimer l’intention de faire du mal, de blesser une personne, d’enlever les enfants, etc. Elles contribuent à contrôler la victime et à l’inciter à agir d’une manière définie par l’agresseur.

Silence 

Ce sont des périodes longues ou courtes de silence imposé par l’agresseur. Ce mutisme sert à faire régner un climat de tension dans le couple. 

Indifférence

C’est le fait d’ignorer la victime, de la mépriser en faisant semblant de ne pas la voir ou de ne pas l’entendre.

La violence sexuelle est commise dans le but de dominer une personne et de l’assujettir à ses propres désirs. Cette violence peut se caractériser par des attouchements sexuels, du harcèlement, du dénigrement, des relations ou des pratiques sexuelles non désirées. Parmi les différentes formes de violence qui existent, la violence sexuelle est la moins dénoncée. Cela s’explique, entre autres, par le fait que la victime entretient des liens étroits avec l’agresseur, par un sentiment de culpabilité ou la peur du système judiciaire.

La violence sexuelle se définit comme tout geste non consenti, avec ou sans contact physique, d’où l’importance d’obtenir le consentement de sa partenaire avant de commencer ou de poursuivre un acte quelconque de nature sexuelle. 

Pour garder la personne sous son emprise, l’agresseur peut utiliser d’autres formes de violence (psychologique, verbale, physique) conjointement avec la violence sexuelle. 

La violence sexuelle peut prendre des formes très subtiles. Voici quelques exemples de comportements qui en font partie :

  • L’envoi de contenu à caractère sexuel par courriel ou texto sans avoir au préalable obtenu le consentement de l’autre partie. 
  • Se toucher, se frotter les parties génitales contre une personne sans avoir obtenu son consentement ou toucher les parties génitales ou les seins d’une autre personne sans son accord 
  • Exposer ses parties génitales sans le consentement de l’autre (exhibitionnisme)
  • Observer une personne dans son intimité, sans son accord (voyeurisme)
  • Manipuler une personne, faire du chantage pour l’obtention de faveurs sexuelles 
  • Contraindre une personne à visionner du contenu pornographique 
  • Contraindre une personne à se caresser ou se masturber 
  • Enlever son préservatif pendant l’acte sexuel sans l’accord de sa partenaire 
  • Comparer et dévaloriser les attributs physiques/sexuels de l’autre personne
  • Partager des photos intimes de sa partenaire sans son autorisation
  • Etc.

Bien que très répandue, la violence économique est très peu connue. Elle consiste à exercer une forme de contrôle sur les finances de la victime ou le revenu du ménage. L’agresseur peut contraindre sa partenaire à travailler ou, au contraire, le lui interdire. En général, que celle-ci puisse avoir un emploi ou non, elle n’a pas de contrôle sur le revenu et les dépenses familiales. Ainsi, elle est complètement privée de toute autonomie financière.

La violence économique peut être présente entre les individus issus d’une même classe sociale (riche ou pauvre) tout comme elle peut affecter des partenaires ayant un revenu inégal.

Voici quelques exemples de cas de violence économique : 

  • Votre partenaire contrôle partiellement ou complètement vos finances (votre argent ou vos sources de revenus)
  • Votre partenaire contrôle votre budget en surveillant méticuleusement toutes vos dépenses
  • Votre partenaire vous incite à vous endetter ou cumule des dettes en votre nom
  • Votre partenaire vous oblige à payer toutes ses dépenses ou à lui verser des sommes
  • Votre partenaire critique toutes vos dépenses 
  • Vous devez rendre des comptes pour chacune de vos dépenses 
  • Votre partenaire vous empêche d’avoir un compte bancaire
  • Vous êtes privée de certains biens essentiels (médicament, nourriture, eau)
  • On vous empêche de travailler ou d’étudier
  • Votre partenaire vous incite à voler ou à frauder 

La violence physique se manifeste par des gestes violents utilisés dans le but de porter préjudice à l’intégrité physique d’une personne. Cette forme de violence peut engendrer de graves conséquences sur l’état de santé de la victime. Au nombre de ces conséquences, il peut y avoir les blessures physiques et psychologiques, les traumatismes crâniens, le syndrome de stress post-traumatique et bien plus. 

Les victimes de violence physique ont tendance à dissimuler leur blessure ou à mentir lorsqu’on leur pose des questions. Elles peuvent prétendre avoir été victimes d’un accident. De plus, elles ont tendance à prendre la défense de leur agresseur et à justifier leur(s) acte(s) par toutes sortes de raisonnements : peur, jalousie, consommation, stress, etc. 

Voici quelques indices pour repérer chez les victimes, les cas de violence physique : 

  • Elle porte des vêtements qui recouvre l’ensemble de son corps même durant l’été 
  • Elle présente des signes d’anxiété et d’hypervigilance (ex. sursauts fréquents)
  • Elle se protège le corps ou le visage lorsqu’une personne fait un mouvement rapide 
  • Elle se justifie en disant qu’elle est maladroite lorsqu’on la questionne sur l’origine de ses bleus 

 

Voici des exemples de comportements violents physiquement

  • Votre partenaire vous secoue ou vous serre les bras
  • Votre partenaire vous écrase contre un mur et vous immobilise 
  • Votre partenaire vous pousse ou vous gifle
  • Votre partenaire vous tire les cheveux, vous inflige des morsures ou vous frappe
  • Votre partenaire vous donne des coups de poing ou des coups de pied
  • Votre partenaire essaie de vous étrangler 
  • Votre partenaire vous lance des objets ou vous blesse avec une arme ou un objet quelconque
  • Votre partenaire frappe les murs / la table pour vous faire peur

La violence sociale se manifeste lorsqu’un individu isole sa partenaire en la privant de liens sociaux. Cette forme de violence se développe parfois graduellement jusqu’à ce que la femme se retrouve toute seule et complètement isolée de son réseau social. En ce sens, l’agresseur exerce, par différents moyens, un contrôle total sur tous les aspects de la vie de la victime. 

Sur le plan collectif, cette violence repose sur le fait de porter un jugement sur l’image sociale de la femme en l’humiliant et en la dénigrant en présence d’autres personnes. En ce sens, la violence sociale affecte la manière dont la victime se perçoit. Elle peut également porter atteinte à la réputation de la femme. Il en découle une forme de détresse psychologique où la victime se retrouve seule avec son agresseur sans pouvoir recourir à l’aide de son entourage. 

L’agresseur remet en question les amis, la famille et les collègues de la victime. De même, il peut questionner ses allées et venues, exercer un contrôle sur ses déplacements et sur les personnes avec qui elle discute. Il arrive qu’il lui interdise de travailler, de s’instruire, de sortir et de participer à une activité personnelle. Afin d’avoir un meilleur contrôle sur sa partenaire, l’agresseur peut également saisir ses papiers d’identité, son passeport, etc.

Voici quelques exemples de violence sociale :

  • Votre partenaire dénigre constamment vos ami.e.s et vous interdit de les voir 
  • Votre partenaire vous empêche de sortir sans lui
  • Votre partenaire critique votre famille et limite vos contacts avec elle 
  • Votre partenaire critique votre emploi ou vos collègues. Il vous fait comprendre qu’il préférerait que vous restiez à la maison.
  • Votre partenaire contrôle vos loisirs ou vos passe-temps
  • Lorsque vous sortez, vous devez rendre des comptes à votre partenaire concernant vos déplacements ou avec qui vous vous trouvez
  • Votre partenaire lit vos courriels, filtre vos appels ou prend le contrôle de vos réseaux sociaux 
  • Lorsque vous sortez, vous recevez des messages textes ou des appels de votre partenaire pour savoir où vous êtes
  • Votre partenaire est très jaloux et vous accuse de le tromper sans preuve

La violence spirituelle est moins connue, mais bien présente dans certaines relations malsaines. Elle consiste à dénigrer les croyances et pratiques spirituelles d’une personne ou encore l’interdire d’aller aux endroits de culte. Le partenaire peut aussi utiliser des convictions religieuses afin de mieux manipuler la femme (ex. mettre l’accent sur le déshonneur ou le péché lié au divorce). Enfin, le partenaire peut tenter de lui imposer des croyances spirituelles ou forcer son adhésion à une communauté religieuse.

Le concept de contrôle coercitif se définit par des comportements répétés, subtils ou non, qui visent à priver la victime de sa liberté, par différents moyens. Ainsi, la femme peut être privée de ses droits, de son revenu et de son réseau social. Son partenaire la surveille et régule son quotidien dans diverses sphères de sa vie. Il définit un ensemble de règles qui doivent être respectées, sous peine de menaces explicites ou sous-entendues. Enfin, les manifestations de violence lui permettent d’exercer un meilleur contrôle sur sa partenaire.

Voici quelques manifestations de contrôle coercitif :

  • Votre partenaire surveille vos déplacements, vous isole de votre réseau et limite votre autonomie
  • Votre partenaire exerce un contrôle sur divers aspects de votre vie : votre sexualité, votre argent, vos sorties, votre apparence physique, votre santé, votre entourage, etc.
  • Votre partenaire est rigide quant aux rôles traditionnels de genre, vous privant ainsi de plusieurs droits et libertés
  • Votre partenaire profère des menaces à l’égard de vos enfants ou de vos animaux domestiques
  • Votre partenaire utilise des attaques psychologiques et/ou des ultimatums au moyen de comportements passifs-agressifs pour limiter votre liberté d’action
  • Votre partenaire use d’intimidation et instaure un climat de peur pour avoir une emprise sur vos faits et gestes

Présentement, quelques pays européens reconnaissent le contrôle coercitif en tant qu’infraction criminelle.

Certaines informations retrouvées ci-dessus proviennent de l’article : « Pour une intégration du contrôle coercitif dans les pratiques d’intervention en matière de violence conjugale au Québec » rédigé par Isabelle Côté et Simon Lapierre (revue Intervention, 2021, numéro 153) Consulté le 13 août 2021.

Cycle de la violence conjugale 

La plupart du temps, puisque la violence conjugale est intégrée dans une logique de contrôle de la part d’un partenaire, elle se développe de manière imperceptible et progressive selon un cycle sournois. Sa progression souvent graduelle la rend difficilement détectable par quiconque. En effet, les proches de la victime ne sont pas toujours conscients de la situation de violence conjugale qu’elle subit, à cause du contrôle et de la manipulation dont use le conjoint.

Quel est le cycle de la violence conjugale ? 

La violence conjugale se manifeste fréquemment par ce qu’on appelle le « cycle de la violence conjugale ». Celui-ci est subdivisé en quatre phases : tension, agression, justification et réconciliation. On dit de ce cycle qu’il est sournois parce qu’il se développe petit à petit, parfois bien longtemps avant que les répercussions ne soient apparentes. En dépit du caractère insidieux du cycle de la violence conjugale, les victimes finissent par évoluer dans une atmosphère de peur instaurée par leur partenaire. Elles ressentent souvent des sentiments tels que la crainte, la honte, la culpabilité, le doute, l’impuissance ainsi que l’ambivalence

  • Le cycle de la violence conjugale est créé par l’agresseur et lui sert à maintenir sa domination, son contrôle sur la victime. 
  • Dans une relation de violence conjugale, ce cycle se reproduit généralement à plusieurs reprises et de manière de plus en plus intense et accélérée.
  • Les différentes manifestations de violence conjugale ont tendance à se multiplier avec le temps. On remarque que plus le cycle se reproduit, plus la phase de « réconciliation » se fait brève, voire même disparaît complètement.
  • Dans certains cas, la violence conjugale peut être fatale en menant au féminicide (meurtre de la femme)

Les 4 phases du cycle de la violence conjugale 

  1. La tension

L’agresseur manifeste graduellement sa frustration face à certaines situations. Son attitude change et la tension augmente de plus en plus dans le couple, créant une atmosphère lourde. Parfois, le partenaire commence à user de violence psychologique et verbale. De son côté, la femme est anxieuse/inquiète et essaie d’améliorer le climat tout en surveillant ses propres actes et paroles. 

  1. L’agression

C’est parfois à la suite d’un événement banal ou mineur que la violence explose. À ce moment-là, l’agression peut se manifester de différentes façons : violence sexuelle, physique, sociale, économique, verbale, etc. La victime se sent alors humiliée, attristée et tente de comprendre la situation. 

  1. Justification

L’agresseur trouve des excuses pour expliquer son comportement. Ses excuses sont majoritairement extérieures à lui, c’est-à-dire le travail, la fatigue, l’alcool, le stress. Il peut également blâmer sa partenaire de l’avoir provoqué, créant ainsi le doute chez elle. Celle-ci peut alors se sentir coupable et en venir à croire qu’elle est responsable de la situation. 

  1. Réconciliation 

Cette phase, également surnommée « lune de miel », se caractérise par l’agresseur qui demande pardon, maintient le discours qu’il va changer et promet que la violence ne se reproduira plus. Ainsi, la victime retrouve espoir et décide de lui donner une chance, tout en modifiant ses propres habitudes.

 

Néanmoins, au fur et à mesure que le cycle se répète, la « lune de miel » dure de moins en moins longtemps et peut aller jusqu’à disparaître.

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La violence verbale se manifeste par des insultes, des cris, des critiques utilisées spécifiquement dans le but d’humilier, contrôler ou intimider une personne ou un groupe. La menace et le chantage constituent également des formes de manifestation de la violence verbale. 

Par ailleurs, la violence verbale peut être présente dans différentes formes d’interaction entre conjoints, amis, étrangers, collègues ou voisins. Elle peut également se retrouver dans les relations d’autorité : professeur-étudiant, patron-employé, entraîneur-athlète. Bien souvent, la violence verbale est le précurseur de la violence physique. 

La violence verbale peut être difficile à identifier car elle est souvent prise à la légère, banalisée par plusieurs personnes. Voici quelques indices pour reconnaître la violence verbale : 

Le sarcasme 

Le sarcasme se manifeste par des propos ironiques et méchants à l’égard d’un individu ou d’un groupe. C’est une forme d’humour faite dans le but de dégrader le récipiendaire. Un exemple de sarcasme consiste à dire des éloges à votre égard tout en ayant l’intention d’exprimer l’opposé. 

Les insultes 

Les insultes désignent des mots ou expressions afin de porter un jugement négatif sur une personne ou un groupe d’individus. Elles servent à dénigrer le physique d’une personne, son intelligence, sa vie privée ou son entourage. 

Les propos dégradants ou humiliants 

Ce sont des phrases ou expressions tenues dans l’intention d’humilier ou de dégrader une personne ou un groupe. Ce type de propos revêt souvent une connotation sexuelle et porte atteinte à la dignité humaine. Les propos dégradants ou humiliants peuvent entraîner la détresse psychologique de ceux ou celles à qui ils sont adressés. 

Les hurlements ou les ordres 

C’est lorsqu’une personne hausse le ton sur vous tout en adoptant un ton agressif et menaçant. Ce sont des interjections pour vous contrôler et vous empêcher de vous exprimer, de prononcer votre opinion sur une situation ou une personne. Bien souvent les ordres sont exécutés par la victime parce qu’elle craint de subir de la violence physique. Cela contribue à créer un climat de peur et d’insécurité. 

La violence psychologique consiste à dénigrer une personne en portant atteinte à ses valeurs, en la critiquant, en refusant toutes formes de communication avec elle, en l’ignorant, en la dénigrant ou en la menaçant. Elle est utilisée dans le but de maintenir le contrôle sur un individu. 

Associée à d’autres formes de violences, la violence psychologique se retrouve dans les cas de violence conjugale, d’agression sexuelle ou d’exploitation sexuelle. Elle peut également être présente dans un contexte où la victime subit du harcèlement. 

Les rapports entre la personne qui subit et celle qui manifeste la violence psychologique sont caractérisés par le manque de respect et l’absence de consentement. Voici quelques indices pour détecter les signes de violence psychologique : 

  • Une personne vous fait douter de vous-même 
  • Un individu manipule vos émotions
  • Une personne vous contraint à l’isolation sociale 
  • Une personne vous critique constamment 
  • Un individu vous rabaisse 
  • La réalité est altérée pour influencer votre perception
  • Etc 

 

D’un autre côté, la violence psychologique est une forme très subtile de violence qui peut être difficile à identifier par la victime et ses proches. Les victimes ont souvent l’impression d’être manipulées ou ressentent une forme d’injustice concernant la manière dont elles sont traitées. En étant conscients de certains indices, vous pouvez identifier tout comportement laissant paraître une quelconque forme de violence psychologique. Voici quelques astuces pour détecter la violence psychologique : 

Critiques ou reproches constantes 

Elles se manifestent par des jugements ou appréciations négatives à répétition à l’encontre de la victime, de son comportement ou de son physique. Ce sont des remarques désobligeantes faites en vue de porter préjudice à une personne, susciter la honte ou le regret. 

Chantage 

Il s’agit d’un moyen de pression psychologique pour exercer une forme de contrôle sur une personne. 

Fausses accusations

Ce sont des accusations sans preuve qui sont contraires à la vérité et qui dissimulent les mauvaises intentions de l’accusateur. Elles sont utilisées pour justifier un comportement agressif, trompeur et manipulateur. 

Menaces

Ce sont des paroles pour exprimer l’intention de faire du mal ou de blesser une personne. Elles contribuent à contrôler la victime et à l’inciter à agir d’une manière définie par l’agresseur.  

 

 

Silence 

Ce sont des périodes longues ou courtes de silence imposé par l’agresseur. Cela se manifeste également par une personne qui détourne volontairement un sujet donné pour créer une forme de tension. 

Ignorance 

C’est le fait d’ignorer la victime, de la mépriser en faisant semblant de ne pas l’avoir ou de ne pas l’entendre. 

La violence sexuelle est commise dans le but de dominer une personne ou de la déstabiliser. Elle se caractérise par les attouchements sexuels, le harcèlement sexuel, les relations sexuelles forcées et le dénigrement sexuel. Parmi les différentes formes de violences qui existent, la violence sexuelle est la moins dénoncée. Cela s’explique par le fait que la victime entretient des liens étroits avec l’agresseur, le sentiment de culpabilité ou la peur du système judiciaire. 

La violence sexuelle se définit comme tout geste non consenti, avec ou sans contact physique. D’où l’importance d’obtenir le consentement de sa partenaire avant de commencer ou de poursuivre un acte quelconque de nature sexuelle. 

Pour garder la victime sous son emprise, l’agresseur utilisera conjointement avec la violence sexuelle d’autres formes de violences dont la violence psychologique, verbale ou physique. Par ailleurs, les mutations génitales comme l’excision, les agressions sexuelles, l’exploitation sexuelle et le viol conjugal sont des formes de violences sexuelles. 

La violence sexuelle peut prendre des formes très subtiles. Voici quelques exemples de comportements qui reflètent une forme de violence sexuelle :

  • L’envoi de contenu par courriel, texto ou courriel de nature sexuelle sans avoir au préalable obtenu le consentement de l’autre partie. C’est l’exemple d’envoi d’audio, de photos ou vidéos à caractère sexuel. 
  • Se toucher, se frotter les parties génitales ou les seins contre une personne sans avoir obtenu son consentement ou toucher les parties génitales ou les seins d’une autre personne sans son accord 
  • Exhibitionnisme qui consiste à exposer ses parties génitales sans le consentement de l’autre 
  • Voyeurisme qui est l’acte d’observer une personne dans son intimité 
  • Manipuler une personne pour l’obtention de faveurs sexuelles sans son consentement 
  • Obliger un individu à octroyer des faveurs sexuelles sans qu’elle en ait envie 
  • Contraindre une personne à visionner du contenu pornographique 
  • Contraindre une personne à se caresser ou se masturber sans son consentement 
  • Enlever son préservatif pendant l’acte sexuel sans l’accord de son partenaire 
  • Etc

Bien que très répandue, la violence économique est très peu connue. Elle consiste à exercer une forme de contrôle sur les finances de la victime ou de l’argent du ménage. L’agresseur peut contraindre la victime ou lui interdire de travailler ou d’exercer une quelconque activité lucrative. Une personne victime de violence économique ne contrôle aucun aspect de ses finances même si elle travaille et gagne un bon salaire. En ce sens, elle perd complètement son autonomie financière. 

La violence économique est présente entre les individus issus d’une même classe sociale : entre des personnes riches ou entre des personnes pauvres. Elle peut également affecter des individus ayant un revenu inégal ( riche et pauvre). 

La violence économique est souvent présente dans des contextes de violence conjugale. En outre, dans les cas de mariage forcé, la violence économique est considérée comme le moteur de l’action chez les parents des victimes qui sont souvent très jeunes. Cette forme de violence peut également impliquer l’exploitation sexuelle, l’abus envers les enfants ou la maltraitance des personnes âgées. 

Voici quelques exemples de cas de violence économique : 

  • Une personne contrôle partiellement ou complètement vos finances ( votre argent ou vos sources de revenus)
  • Un individu contrôle votre budget en surveillant méticuleusement toutes vos dépenses 
  • Une personne vous prive de vos cartes d’identité ( permis de conduire, passeport, carte d’assurance maladie)
  • Une personne vous oblige à dépendre d’elle financièrement en vous demandant de l’argent pour chacun de vos achats 
  • Une personne vous incite à vous endetter 
  • Une personne vous oblige à payer toutes ses dépenses ou à lui verser des sommes 
  • Une personne critique chacune de vos dépenses 
  • Vous devez rendre compte de chacune de vos dépenses 
  • Vous êtes privés de tous besoins essentiels ( médicament, nourriture, eau )
  • Une personne fait des dépenses en votre nom sans votre consentement  
  • Une personne vous empêche de travailler ou d’étudier 
  • Une personne vous oblige à vous prostituer en réclamant les gains financiers 
  • Une personne vous incite à voler ou à frauder 

La violence physique se manifeste par des gestes violents utilisés dans le but de porter préjudice à l’intégrité d’une personne. Cette forme de violence peut engendrer de graves conséquences sur l’état de santé de la victime. Au nombre de ces conséquences, il peut y avoir les blessures physiques et psychologiques, les commotions cérébrales, le syndrome de choc post-traumatique et bien plus. 

 

Les victimes de violence physique ont tendance à cacher leur blessure ou à mentir lorsqu’on leur pose des questions. Bien souvent, elles prétendent avoir été victimes d’un accident. De plus, elles ont tendance à prendre la défense de leur agresseur et à justifier leur acte par toutes sortes de raisonnements : peur, amour, attachement, etc. 

 

On retrouve les cas de violence physique dans les contextes suivants : maltraitance envers les enfants, agression sexuelle, violence conjugale, exploitation sexuelle, harcèlement ou maltraitance envers les personnes âgées. 

Voici quelques indices pour repérer chez les victimes, les cas de violence physique : 

  • Elle porte des vêtements qui recouvre l’ensemble de son corps même durant l’été 
  • Elle sursaute pour des raisons inconnues 
  • Elle présente des signes évidents d’anxiété en présence d’une autre personne 
  • Elle se protège le corps ou le visage lorsqu’une personne fait un mouvement rapide 
  • Elle se justifie en disant qu’elle est maladroite lorsqu’on la questionne sur l’origine de ses bleus 
  • Elle évite certains endroits, même si elle est obligée de faire de longs détours 

 

Certains comportements peuvent vous montrer si vous êtes victimes de violence physique :

  • Une personne vous secoue ou vous serre les bras
  • Une personne vous écrase contre un mur et vous immobilise 
  • Une personne vous oblige à ne pas sortir 
  • Une personne vous attache 
  • Un individu vous pousse ou vous gifle 
  • Une personne vous tire par les cheveux, vous inflige des morsures ou vous frappe 
  • Un individu vous donne des coups de poing et des coups de pied
  • Une personne essaie de vous étrangler
  • Un individu vous lance des objets ou vous blesse avec une arme ou un objet quelconque

La violence sociale se manifeste lorsqu’un individu isole la femme de son entourage social. Cette forme de violence se développe graduellement jusqu’à ce que la femme se retrouve toute seule et isolée de son réseau social. En ce sens, l’agresseur exerce, par différents moyens, un contrôle total sur tous les aspects de la vie de la victime. 

 

Sur le plan collectif, la violence sociale repose sur le fait de porter un jugement sur l’image sociale de la femme en l’humiliant et en la dénigrant en présence d’autres personnes. En ce sens, la violence sociale affecte gravement la psychologie et la manière dont la victime se perçoit. Il en découle une forme de détresse psychologique où la victime se retrouve seule avec son agresseur sans pouvoir recourir à l’aide de son entourage. 

 

L’agresseur remet en question les amis, la famille et les collègues de la victime. Il va même jusqu’à interdire tout contact avec votre réseau social. L’agresseur empêche la victime de faire des allées et venues, contrôle les personnes avec qui elle discute. Il exerce un contrôle très serré sur la victime au point de lui interdire de travailler, de sortir et de participer à une activité personnelle. 

 

Voici quelques exemples de violence sociale :

 

  • Un individu dénigre constamment vos amies et vous interdit de les voir 
  • Une personne vous empêche de sortir sans lui 
  • Une personne critique votre famille et vous contraint à limiter vos contacts avec elle 
  • Une personne critique constamment votre emploi, votre milieu de travail ou vos collègues
  • Un individu contrôle vos loisirs ou vos passe-temps
  • Une personne vous interrompt souvent en public pour contrôler ce que vous allez dire
  • Une personne lit vos courriels, filtre vos appels et prend le contrôle de vos réseaux sociaux 
  • Une personne est très jalouse sans raison et vous accuse de la tromper 

 

Une personne peut subir une ou plusieurs des formes de violences mentionnées ci-dessus pour être considérée comme une victime de violence.

Cycle de la violence conjugale 

La plupart du temps, quand la violence domestique est intégrée dans une logique de contrôle de l’un des partenaires, elle se développe de manière imperceptible et progressive selon un cycle de violence sournois. Sa progression graduelle la rend difficilement détectable par quiconque. En réalité, les proches de la victime ne sont pas toujours conscients de la situation de violence conjugale qu’elle subit, à cause du contrôle que le conjoint impose à celle-ci. 

Quel est le cycle de la violence conjugale ? 

La violence conjugale se manifeste fréquemment par un cycle intitulé ” cycle de la violence conjugale “. Ce cycle est subdivisé en quatre grandes étapes : tension, agression, justification et réconciliation. On dit de ce cycle qu’il est sournois parce qu’il se développe petit à petit, longtemps avant que les répercussions ne soient apparentes. En dépit du caractère insidieux du cycle de la violence conjugale, les victimes finissent par évoluer dans une atmosphère de peur instaurée par leur partenaire. Elles ressentent souvent des sentiments tels que la crainte, la honte, la culpabilité, le doute et l’impuissance. 

  • Le cycle de la violence conjugale est créé par l’agresseur et lui sert à maintenir sa domination, son contrôle sur la victime. 
  • Dans une relation de violence conjugale, ce cycle se reproduit à plusieurs reprises et de manière de plus en plus intense et accélérée. 
  • Les différentes manifestations de violence conjugale ont tendance à se multiplier avec le temps, ce, sous toutes leurs formes. Dans certains cas, la violence conjugale peut provoquer un meurtre conjugal. Plus elle se reproduit, plus la phase de “réconciliation” se fait brève, jusqu’à sa disparition complète. 

 

Les 4 phases du cycle de la violence conjugale 

  1. La tension

L’agresseur manifeste des abus de colère. Il menace sa victime du regard et crée une atmosphère pesante caractérisée par le silence. La victime se sent anxieuse, essaie d’améliorer l’atmosphère et surveille ses propres actes et paroles. 

  1. L’agression

L’agresseur abuse de l’autre personne verbalement, psychologiquement, physiquement, sexuellement ou économiquement. La victime se sent alors humiliée, attristée et considère la situation comme étant très injuste. 

  1. Justification

L’agresseur invente des excuses pour expliquer son comportement. La victime tente de prendre en compte ses explications, de l’aider à s’améliorer. Toutefois, elle doute de ses propres idées et croit qu’elle est responsable de la situation. 

  1. Réconciliation 

L’agresseur lui demande pardon, évoque la possibilité d’une thérapie ou menace de se suicider. La victime lui accorde une autre chance, l’aide, perçoit ses efforts et modifie ses propres habitudes.

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La violence conjugale doit s’arrêter maintenant

Selon Statistique Canada, près de 3 femmes sur 10 ayant déjà été mariées ou vivant en union libre ont subi une agression physique ou sexuelle de la part de leur partenaire. La violence conjugale constitue un crime et contrevient à la loi en vertu du Code criminel du Canada qui interdit de faire du mal ou de menacer de faire du mal à une autre personne. 

Si vous constatez des signes de violence conjugale dans votre couple ou que vous soupçonnez la présence de violence chez vos proches / votre entourage, n’hésitez pas à demander de l’aide. C’est ensemble que nous pouvons prévenir, enrayer ce fléau qui détruit des vies.

Source Statistique Canada

Victimes

Si vous croyez subir de la violence conjugale, que devez-vous faire ?

  • La situation de chaque personne est différente et unique. Si vous vous sentez inconfortable dans votre relation ou que vous vous questionnez sur ce qui se passe, il est alors temps de parler à quelqu’un.
  • Parlez à quelqu’un en qui vous avez confiance et avec qui vous vous sentez à l’aise de partager ce que vous vivez (ex. un.e ami.e proche, un membre de votre famille, un.e professionnel.le de votre communauté : infirmier.e, travailleur.se social.e, etc).
  • Sachez que plusieurs personnes-ressources dans votre communauté peuvent vous aider.

Si pour quelques raisons que ce soit vous vous sentez en danger, appelez le 911. 

Pavillon Marguerite de Champlain : 450-656-1946

Témoins

Si vous êtes témoin de violence conjugale ou soupçonnez la présence de violence chez une amie/proche/collègue, que devez-vous faire ?

    • La violence conjugale n’a aucune limite et tout le monde peut en être victime. La situation de chaque personne est différente et unique. Vous trouverez ci-dessous de quelle façon vous pouvez aider la victime.
    • Tout d’abord, assurez-vous de la sécurité de la femme.
    • Dites-lui que vous la croyez, qu’elle n’est pas seule et que la violence est inacceptable.
    • Encouragez la personne à contacter le Pavillon Marguerite de Champlain. Elle peut appeler 24 heures par jour, 7 jours par semaine. Une intervenante parlera avec elle de ses besoins et lui expliquera les services qui sont disponibles.

À tout moment, si vous avez peur pour sa sécurité ou pour la vôtre, appelez le 911. 

Pavillon Marguerite de Champlain : 450-656-1946.